Nous n'avons même pas attendu que le réveil sonne pour nous lever.... La nuit fut bien courte pour nous tous, Marie m'ayant rejoint à 4 heures du matin et moi regardant les heures défilées depuis 2 heures....

La veille au soir, nous avions tout p réparé po ur être sûrs de ne rien oublier et il n'a pas été long de tout mettre dans la voiture et de filer vers Roissy... 

C'est Annabelle qui a conduit tout le long du trajet aller. Elle a expérimenté les interminables embouteillages à Paris. C'était tellement bouchonné, que nous sommes arrivées juste à temps pour l'heure prévue. Terminal 2C. Nous avons cherché le numéro du vol : retardé... Ouf ! nous avons soufflé, Nous retournons voir l'heure prévue d'atterrissage : il fallait maintenant nous rendre au terminal F ! Nous courrons jusqu'au parking pour reprendre la voiture et trouver le parking du terminal F.... C'était interminable et il nous semblait qu'elle ne serait jamais là ! C'était comme dans un rêve... il faisait chaud, humide, nous avions faim et pas faim à la fois. Atterrissage : 11h38.... 

Nous nous sommes installées dans les fauteuils avec un sandwich et nous avons attendu sans nous parler. Marie avait mal au ventre, et nous avions toutes les trois les coeurs qui battaient la chamade.

11h38 : on se stationne devant la barrière qui nous sépare des portes battantes du terminal. Les minutes s'écoulent au ralenti... La conversation s'engage avec une dame qui attend son petit fils. Elle connaît bien Madagascar pour y avoir vécu.... midi, toujours rien. Les vagues successives des passagers débarqués de plusieurs vols s'enchaînent mais toujours pas de Dinah.

J'ai les jambes qui flageolent, j'ai la tête qui tourne, je bois un peu, le stress est à son maximum.. Marie tient serrée contre sa poitrine l'affichette destinée à la convoyeuse pour qu'elle nous reconnaître. 

Et puis, la porte s'ouvre et c'est elle. Je la reconnais tout de suite et il me semble que le monde autour n'existe plus. Mes yeux sont fichés dans ceux de la dame qui l'accompagne et les larmes coulent devant son petit corps minuscule. Elle est faible et très fatiguée. 

J'attends un peu que la dame me la tende et il n'y a plus rien autour. Que mes yeux dans les siens. Je ne peux pas parler ; tout passe par les yeux. 

Heureusement, Annabelle prend les choses en main avec la gentille dame qui lui avait acheté des vêtements pour faire le voyage. Du 1 an bien trop grand, mais tellement joli ! Elle l'emportera avec elle, pour chez elle, sa maman pourra les lui faire porter. 

Dinah et moi, on est collée-serrée et lorsque je veux la détacher pour lui ôter le petit sweat qui lui tient bien trop chaud, elle se met enfin à pleurer, pleurer, pleurer... Elle est complètement déboussolée, perdue, fatiguée, épuisée.... 

Je participe enfin à la conversation et suis bien attentive à tous ses papiers, aux instructions, aux médicaments....Et puis, j'explique à Dinah pourquoi elle est là, pourquoi elle repart avec nous, qu'elle retournera près de ses parents qui l'attendent et qui l'aiment bientôt, lorsque son petit coeur sera réparé....

Il manque des médicaments car c'est la pénurie à Madagascar.... Annabelle, sur ma demande, en informe Maïck, notre référente qui nous demande de filer tout de suite à l'hôpital lorsque nous serons sur Tours. 

Nous disons au revoir à cette adorable personne qui fait ce genre de covoyage humanitaire, qui est engagée dans l'humanitaire, et je comprends maintenant encore mieux cet engagement ... On ne peut pas s'arrêter lorsque l'on a commencé......

Une fois déposée dans le cosy, elle s'endort d'épuisement et se repose ainsi pendant une heure et demi.

Arrivées sur Tours, le médecin l'examine et nous pouvons enfin rentrer chez nous avec elle et commencer notre mission : contribuer à la guérison de Dinah. Elle sera opérée le 23 juillet.... 

Nous avons commencé à prendre notre rythme... elle a fait toute sa nuit aujourd'hui et je sais maintenant ce qu'elle préfère manger....

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